Avicenne XXI siècle

Infection par le VIH : évolution

Déficits immunitaires 23 Apr 2012

Évolution de l'infection par le VIH

L'apparition d'une immunodéficience sévère, caractéristique du SIDA, est observée en moyenne 10 ans après l'infection. Pendant cette période, le système immunitaire réussit à maîtriser l'infection. Au stade initial, le virus se propage quasiment sans entrave. Le nombre des virions s'accroît rapidement pendant que les cellules T CD4 et les macrophages infectés meurent en libérant des milliers de virions bourgeonnants. Une minorité (30 p. 100) des patients montrent à ce stade des symptômes tels que de la fièvre, des frissons et des adénites.

Réactions du système immunitaire

Les cellules infectées présentent des épitopes viraux par leurs molécules du CMH de classe 1 et déclenchent ainsi une réponse immunitaire cytotoxique. Une activation de cellules T restreinte par les molécules du CMH de classe II induit une libération d'mterleukines et une activation de cellules B, suivies de la production d'anticorps. La liaison des anticorps aux particules virales permet la digestion de ces dernières par les macrophages. Globalement, la population virale diminue fortement. Néanmoins, sous la forte pression sélective du système immunitaire, de nouvelles mutations émergent continuellement pendant la réplication du VIH. Cela est favorisé par la faible fiabilité de la transcriptase inverse qui produit une erreur tous les 2000 nucléotides. Les virus mutés fonctionnels peuvent se propager sans obstacle jusqu'à l'adaptation du système immunitaire aux nouveaux épitopes. La multiplication de nouvelles mutations rend la population du VIH si diverse que le système immunitaire devient « confus » et perd le contrôle de l'infection. Une défense cohérente est impossible : à un taux de production et d'élimination de 109 virions par jour, une génération de virus existe pendant environ 2,6 jours ; au cours d'une année, on compte ainsi 140 générations de virus. Vers la fin du stade latent, jusqu'à 10 millions de variants du VIH peuvent ainsi émerger par jour, qui dispersent les forces défensives du système immunitaire. Par ailleurs, le mécanisme exact de la destruction du système immunitaire reste inconnu.

SIDA

L'apparition du syndrome de SIDA complet est souvent précédée par une adénite généralisée (lymphadenopathy syndrome, LAS) qui persiste plus de trois mois et implique des localisations atypiques.

L'effondrement du système immunitaire s'annonce par plusieurs symptômes : le nombre des cellules T auxiliaires dans le sérum tombe audessous du seuil de 400/μl, le taux d'IgG sénque augmente, majoritairement par stimulation polyclonale et non spécifique de cellules B. On observe une perte de poids, de la fièvre et des sueurs nocturnes. Il s'agit du AIDS related coinplex (ARC).

Le syndrome de SIDA complet est caractérisé par l'apparition d'infections opportunistes : par exemple des pneumonies à Pneumocystf, carinu, des œsophagites à Candida ou des leucoplasies orales (EBV). S'y ajoutent des cancers caractéristiques du SIDA. Le sarcome de Kaposi est lié à une surproduction chronique de facteurs de croissance inflammatoires et angiogéniques. Outre le VIH, l'infection simultanée par l'herpès virus humain 8 (HHV-8)joue un rôle essentiel. Dix pour cent des malades sont atteints de lymphomes malins. Au stade tardif, des manifestations au niveau du système nerveux central s'ajoutent : on distingue des encéphalopathies primaires dues au VIH neurotrope, des manifestations secondaires telles que la toxoplasmose cérébrale, l'encéphalite due au CMV ou enfin des méningites dues à divers pathogènes.